Ressources humaines

Etat des besoins

En raison d’une pénurie des ressources humaines médicales et soignantes annoncée en Europe, accompagnée d’une dépendance du Luxembourg par rapport aux pays frontaliers en matière de formation initiale de certains types de professionnels de santé impliqués en cancérologie, il y a lieu de développer des stratégies nouvelles qui permettront de garantir la prise en charge des personnes atteintes d’un cancer. De plus pour améliorer la performance du parcours clinique, des fonctions nouvelles de support sont à mettre en place : Infirmière clinicienne en cancérologie exerçant aussi le rôle de Case manager Cancer, Manager de la Réunion de Concertation Pluridisciplinaire. La formation continue est d’autre part une nécessité en cancérologie afin de maintenir un haut niveau de qualité et de sécurité des soins.

Plan Cancer et Ressources humaines

Le Plan Cancer 2014-2018 a pour objectifs en matière de ressources humaines de:

  • garantir la durabilité des ressources humaines pour lutter contre le cancer
  • disposer des compétences professionnelles pour répondre aux besoins des personnes atteintes du cancer et aux besoins de la population

Déterminer les besoins en ressources humaines médicales et soignantes

L’action consistera à établir une prévision des besoins quantitatifs en ressources humaines pour garantir la prise en charge des personnes atteintes de cancer en hospitalier et extrahospitalier en tenant compte de l’évolution démographique du pays, de l’évolution de l’incidence du cancer, de la pyramide des âges des professionnels. Cette prévision des besoins en ressources humaines portera tant sur les professionnels médecins que sur les autres professions de santé. Elle se fera sur les 10 prochaines années et sera à ajuster en fonction des décisions prises par l’autorité publique dans le cadre du plan hospitalier, notamment en fonction du nombre retenu de services de cancérologie et de soins de fin de vie, ou de centres de compétences autorisés.

Développer des stratégies en matière de ressources humaines

L’action consistera à proposer des stratégies en matière de ressources humaines, permettant de garantir à moyen et long terme, la durabilité de la prise en charge avec qualité de toutes les personnes atteintes de cancer, tenant compte de la pénurie médicale attendue en Europe, de la dépendance du Luxembourg en matière de formation de certains professionnels de santé, de la dépendance du pays en matière de recrutement du personnel infirmier, et du niveau d’études actuel de la profession d’infirmier. Les initiatives prises dans d’autres pays pour pallier à la pénurie médicale, par la création de nouveaux métiers soignants ou l’élargissement des attributions professionnelles des soignants sur base de formations complémentaires seront étudiées. Des actions d’attraction des médecins seront proposées.

Mettre en place une planification médicale hospitalière efficiente tenant compte de la réorganisation des filières de cancérologie

L’action consistera à proposer une planification médicale hospitalière nationale en cancérologie reposant sur les dispositions relatives à la cancérologie et aux soins de fin de vie dans le Plan Hospitalier, tenant compte des filières à établir entre les établissements, de la planification des équipements et des plateaux techniques pour le diagnostic et le traitement du cancer. La recherche de l’efficience constituera une priorité dans le modèle proposé, notamment en termes d’impacts sur les budgets hospitaliers concernant les autres professions de santé, ainsi que sur les moyens techniques à mettre à disposition.

Mettre en place la fonction d’infirmière clinicienne spécialisée en cancérologie

L’action consistera à définir le profil de fonction national de l’infirmière clinicienne spécialisée en cancérologie exerçant aussi la fonction de case manager cancer, de définir ses attributions professionnelles, ainsi que la formation requise pour l’exercice de la fonction. Un calcul du besoin quantitatif de cette nouvelle compétence dans les institutions hospitalières et les réseaux de soins sera à faire, en fonction de la planification nationale des services de cancérologie et de la répartition des activités de cancérologie coordonnées par l’Institut National de Cancérologie entre les établissements hospitaliers, au niveau du type de cancer et du nombre de cancers pris en charge chaque année.

Une analyse des cursus de formation en Europe de l’infirmière clinicienne spécialisée en oncologie sera réalisée. L’opportunité de développement de la formation au Luxembourg ou de contractualisation avec un pays frontalier pour l’organisation de la formation sera étudiée. Dans le cas où la formation serait réalisée au Luxembourg, le développement du curriculum de formation en concertation avec des experts étrangers responsables de ce type de formation sera à faire. Le recrutement des candidats à la formation sera réalisé par les établissements hospitaliers et les réseaux de soins concernés. La formation sera organisée, puis la fonction mise en œuvre.

Le processus de reconnaissance de l’infirmière clinicienne dans la liste des professions de santé, à savoir rédiger le texte législatif approprié et le soumettre aux autorités compétentes sera démarré. L’intégration de cette nouvelle profession dans les conventions collectives du secteur hospitalier et extrahospitalier sera initiée.

Mettre en place des cycles de formation continue pour répondre aux besoins des professionnels de la santé intervenant en cancérologie

L’action consistera à réaliser une analyse des besoins en formation continue des médecins spécialistes et généralistes, ainsi que des besoins des soignants travaillant en cancérologie et/ou soins palliatifs. La réponse à ces besoins sera organisée avec les organismes de formation continue pour les médecins et pour les autres professionnels de la santé. Si nécessaire, certaines formations feront l’objet d’une certification pouvant être exigée pour l’exercice du métier dans le domaine de la cancérologie.

La reconnaissance de ces formations continues devra s’intégrer, au plus tard en 2018, dans le système de certification officielle prévu d’être développé dans le programme gouvernemental afin de renouveler les autorisations d’exercice.

Vérifier l’adéquation du nouveau programme de formation initiale infirmier aux besoins de la cancérologie

L’action consistera à analyser les besoins en compétences de l’infirmier de base pour l’exercice en cancérologie, avec les directions de soins, et à comparer les besoins aux compétences développées dans le nouveau programme de formation initiale des infirmiers au Luxembourg. Si besoin, des demandes d’adaptation seront faites auprès du Ministère de l’Education Nationale.

Adapter les ressources humaines nécessaires pour le Registre National du Cancer et le management des Réunions de Concertation Pluridisciplinaires (RCP)

L’action consistera en l’adaptation de la norme de Data Manager Cancer en fonction du nombre de cancers pris en charge par les établissements hospitaliers. La fonction de RCP manager sera mise en place, après avoir défini sur le plan national la fonction et les attributions, et après avoir normé cette fonction sur base du nombre de cancers pris en charge par l’établissement, et proposé les modalités de financement. Une évaluation de la mise en œuvre de cette fonction sera réalisée en 2018.