Tabac

Premier facteur de risque évitable de cancer

La consommation de tabac régulière est le premier facteur de risque de cancer modifiable. Le tabac est impliqué, entre autres, dans la survenue de nombreux cancers tels que le cancer du poumon (80 % des patients atteints du cancer du poumon ont fumé), de la bouche, du larynx , du pharynx, de l’œsophage, de la vessie, des voies urinaires, du rein, du sein, du col de l’utérus, du foie, du pancréas…La toxicité du tabac n’est pas due à la nicotine (bien que ce produit soit addictif), mais est liée à la présence de substances chimiques cancérigènes contenues dans la fumée telles que goudron,benzène,chrome, … Quelle que soit la forme d’administration (cigarette, cigare, chicha,…) le tabac est un facteur de risque de développement d’un cancer. L’âge de première consommation, ainsi que la durée de consommation de tabac augmentent le risque de cancer. Il n’est pas obligatoire d’avoir soi-même fumé pour développer un cancer lié au tabac. En effet, le tabagisme passif, c’est à dire la respiration de la fumée de tabac consommé par un autre individu peut engendrer la survenue d’un cancer. C’est pourquoi, les autorités publiques ont mis en place des législations interdisant de fumer dans les lieux publics.

Tabagisme au Luxembourg

Dans l’étude Eurobaromètre 2009, près de la moitié de la population résidant au Luxembourg (47%) fume ou a fumé. Ce taux est proche de celui de la population européenne ( 51% UE27). Mais les résidents Luxembourgeois fument plus en moyenne au quotidien (17,20 cigarettes contre 14,40 pour EU 27). Les hommes fument plus que les femmes .

L’étude ORISCAV-LUX (2007-2008) a mis en évidence que les jeunes (18-29 ans) fumaient plus que les autres classes d’âge de la population avec une prévalence de 33,7% contre 22,3% pour la population étudiée. Cette étude a également permis de révéler une différence significative selon le niveau d’éducation, le niveau de diplôme supérieur ayant une prévalence plus faible (13,0%) que les autres niveaux de diplôme. Enfin, les participants vivant seuls fumaient significativement plus (29,8%) que les participants vivant en couple (18,4%), de même pour les participants vivant en dessous du seuil de pauvreté (32,7% contre 18,2%).

D’autre part, la Fondation Cancer réalise régulièrement une enquête sur la consommation de tabac dont les résultats montrent une certaine stabilisation de la prévalence des fumeurs aux alentours de 25 % depuis plusieurs années. En 2012, encore 27% des jeunes de 18 à 24 ans fumaient et 33 % chez les adultes de 25 à 34 ans. (Source: Etude TNS-ILRES de la Fondation Cancer 2012) 

Chez les jeunes de 15 ans, la consommation de tabac est enquêtée dans l’étude HBSC qui s’est déroulée en 2009. Le taux de tabagisme des jeunes luxembourgeois est plus élevé que la moyenne de l’OECD sur 26 pays, les garçons fumant plus que les filles. (Source: Panorama de la santé 2013 OECD)

Mesures anti tabac mises en oeuvre

Dans le cadre du Plan Tabac, en 2006, une première loi a interdit la publicité relative au tabac, la distribution gratuite de tabac, le parrainage en faveur du tabac. Elle a introduit l’obligation de messages d’avertissement sanitaire sur les paquets ainsi que l’inscription de la composition en substances nocives. Elle a  prévu l’offre de consultations pour sevrage tabagique. Elle a interdit l’usage du tabac dans les lieux publics (mais à limiter l’interdiction à certains créneaux horaires dans les restaurants), la vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans ainsi que la mise sur le marché de tabac à usage oral.

En 2013, une nouvelle loi est venue compléter le dispositif législatif en interdisant à partir du 1er janvier 2014, l’usage du tabac dans tous les lieux publics sans restriction (y compris bars, restaurants, discothèques, galeries commerciales) et en introduisant les fumoirs.

Un programme de sevrage tabagique a été mis en place par convention entre l’Etat  et la Caisse Nationale de Santé en 2008. Des campagnes d’incitation à l’arrêt du tabac ont eu lieu. Le prix du tabac a été sensiblement augmenté.

Objectifs du Plan Tabac 2009

L’objectif premier est d’éviter la consommation de tabac chez les très jeunes car la dépendance est accrue plus le démarrage du tabagisme a été précoce.

Les objectifs  à atteindre ont été fixés comme suit :

  • prévalence des fumeurs  à moins de 20 %
  • prévalence chez les femmes enceintes à 0%
  • tout lieu de travail sans tabac.

 Plan Cancer et Tabac

Le Plan Cancer 2014-2018 a pour but de soutenir et renforcer la lutte anti tabac afin de mieux aider les personnes tabagiques à se sevrer. Pour cela deux actions seront mises en oeuvre.

Actualiser le plan de lutte contre le tabagisme

L’action consistera à faire le bilan des réalisations menées dans le cadre du premier Plan anti Tabac, d’identifier les mesures encore à réaliser, d’identifier les moyens nécessaires à  son déploiement, à sa coordination, à son évaluation, et de calculer le budget y afférent. D’autre part, une analyse des mesures mises en oeuvre dans les pays où le taux de population avec consommation régulière de tabac est la plus faible en Europe, sera réalisée et comparée avec les mesures actuelles au Luxembourg, notamment les mesures visant à réduire le taux de consommateurs réguliers de tabac avant 30 ans. Le 2ème Plan Tabac sera actualisé puis déployé.

Améliorer le programme de sevrage tabagique

L’action consistera à réaliser une évaluation approfondie du programme de sevrage tabagique actuel, avec notamment la participation effective, les résultats obtenus au bout de la période prévue mais aussi à distance de la fin du processus de sevrage. L’avis des participants sur le programme de sevrage tabagique ainsi que celui des médecins sera enquêté afin de déterminer les raisons de la sous-utilisation du programme. Le déploiement du programme sur l’ensemble du territoire, la connaissance de la population et des professionnels sur l’existence de ce programme, ainsi que les outils disponibles pour soutenir le fumeur dans sa démarche seront aussi évalués. Les acteurs et types de professionnels impliqués de manière systématique aux différentes étapes du programme de sevrage tabagique pour accompagner le fumeur seront inventoriés. La compétence des professionnels en éducation pour la santé et plus particulièrement dans l’approche motivationnelle, sera identifiée. Des propositions pour améliorer le programme de sevrage tabagique seront soumises en impliquant les équipes médico-scolaires, la médecine du travail, les médecins généralistes et référents dans l’orientation vers le programme de sevrage tabagique.