Alcool

Deuxième facteur de risque évitable de cancer

L’alcool est désormais reconnu comme second facteur de risque évitable dans le développement de cancers, notamment les cancers ORL (bouche, pharynx, larynx, oesophage, colon-rectum, foie, sein,…). Plus la consommation d’alcool est élevée, plus le risque de développer un cancer s’accroit. Ce n’est pas le type de boisson consommée (vin, eaux de vie, bière,…) qui importe mais la dose d’alcool consommée.  La survenue d’un cancer n’est pas reliée à un seuil de consommation d’alcool: même un verre par jour peut engendrer un cancer. L’alcool est classé cancérogène pour l’homme par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) en raison de l’éthanol qu’il contient.  L’association fréquente alcool-tabac potentialise le risque de développer un cancer des voies aéro-digestives supérieures (bouche, pharynx, larynx, oesophage, bronche, poumon).

Consommation d’alcool au Luxembourg

Il est complexe d’obtenir des chiffres exacts de consommation d’alcool lors des enquêtes en population en raison des risques de sous estimation de la consommation. Les résultats doivent donc toujours être utilisés avec précaution.

Lors de l’étude ORISCAV-Lux en 2007-2008, la médiane de consommation d’alcool par jour était de 7,78 g/j chez les hommes et de 1,89 g/j chez les femmes, dans la population entre 18 et 65 ans.

Chez les jeunes de 0 à 29 ans, la consommation d’alcool a engendré en 2009, 185 épisodes d’hospitalisation (125 garçons et 60 filles) , soit un taux de 76 admissions hospitalières pour 100.000 assurés de la même tranche d’âge. Cela représentait 14,4 % des hospitalisations de cette tranche d’âge. A cela, il faut ajouter 174 transferts pour soins à l’étranger chez des jeunes de moins de 30 ans pour un trouble lié à l’alcool.

Dans l’étude HBSC de 2009, 9,9% des garçons du secondaire et 5,6% des filles avaient consommé de l’alcool plus de 10 fois dans les 30 jours précédant l’enquête. Le nombre d’élèves consommateurs d’alcool augmente de façon significative avec l’âge des élèves, quelque soit leur régime scolaire.

Cependant, en comparaison avec les 26 pays de l’OECD, les jeunes luxembourgeois de 15 ans ont une consommation excessive d’alcool plus faible que la moyenne des 26 pays (Source: Panorama de la santé, 2013 OECD). Toutefois, la pratique du  binge drinking (biture express ou beuverie effrénée), mode de consommation excessif de grandes quantités de boissons alcoolisées sur une courte période de temps, par épisodes ponctuels ou répétés, avec recherche rapide de l’état d’ivresse, se rencontre désormais fréquemment chez les jeunes de plus en plus tôt.

Prévention du cancer

La prévention du cancer passe par une réduction de la consommation d’alcool en termes de quantité et de fréquence. Toutefois, l’alcool pouvant faire l’objet d’une addiction, il est parfois nécessaire pour obtenir un sevrage, d’apporter un soutien psychothérapeutique. Les professionnels de la santé médicaux et soignants ont un rôle de détection de la consommation excessive d’alcool, d’éducation des individus, de soutien à un processus de diminution de la consommation, et d’orientation si besoin vers des structures offrant des programmes de sevrage.

Plan Cancer et Alcool

Maîtriser la consommation d’alcool chez les jeunes constitue une priorité de santé publique. Le Plan Cancer 2014-2018 y contribuera en développant et mettant en place un Plan Alcool orienté vers les jeunes de moins de 30 ans, comprenant un volet de prévention, de détection précoce et une offre de prise en charge, afin de lutter contre la consommation excessive d’alcool dans cette tranche de la population.

L’action consistera à identifier le mode de consommation d’alcool chez les jeunes de moins de 30 ans, sa fréquence, son intensité, sa prévalence, les types d’alcool consommés, les lieux de consommation, l’âge de démarrage de la première consommation. Seront également identifiés les acteurs pouvant intervenir dans la prévention. Les outils utilisés et les moments de leur utilisation au Luxembourg pour la détection précoce d’une consommation abusive d’alcool seront inventoriés et comparés aux outils utilisés sur le plan international. Les offres de prise en charge sur le territoire national pour des jeunes pratiquant une consommation excessive d’alcool seront recensées : structures spécialisées, lignes d’appel. Les acteurs impliqués seront identifiés.

Les modèles développés dans les pays européens ayant la prévalence de consommation excessive d’alcool chez les jeunes la plus faible seront étudiés afin d’y repérer les bonnes pratiques pouvant être transférables au Luxembourg.

Un Plan Alcool orienté Jeunes de moins de 30 ans sera ensuite développé en impliquant tous les acteurs pouvant intervenir pour lutter contre ce facteur de risque : les équipes médico-scolaires, les médecins du travail, les médecins généralistes ou référents, les professionnels du milieu éducatif, social, la police, les commerçants, animateurs de loisirs, associations intervenant dans le champ des dépendances… Il comprendra les volets prévention y compris les campagnes médiatiques, détection et offres de prise en charge des jeunes ayant une consommation excessive d’alcool.