Facteurs de risque

Facteurs de risque modifiables et non modifiables

Un facteur de risque est un élément susceptible de favoriser la survenue d’un cancer. Certains sont appelés facteurs de risque modifiables ou facteurs de risque externes car ils concernent nos comportements (tabagisme, consommation excessive d’alcool, sédentarité,obésité, exposition au soleil, exposition à certains virus) ou nos conditions de vie notamment l’exposition professionnelle (à l’amiante, au benzène ou aux poussières de bois) ainsi que l’exposition à des rayonnements (radon ou rayons X) ou à la pollution de l’environnement par la présence de substances cancérigènes dans l’air, l’eau ou la terre.

D’autres sont appelés facteurs de risques non modifiables ou facteurs de risque internes. Il s’agit principalement de l’âge et de la génétique, sur lesquels les individus ne peuvent intervenir. Plus nous vieillissons, plus notre risque augmente de développer un cancer, nos cellules ayant subi un nombre croissant d’agressions et la réparation de l’ADN de nos cellules se réalisant moins efficacement. D’autre part, certains individus portent dès leur naissance certaines mutations génétiques qui majorent le risque de développer un cancer.

Il est probable que tous les facteurs de risque de développer un cancer ne soient pas connus, malgré les grandes avancées scientifiques.

La durée d’exposition au facteur de risque intervient dans la survenue d’un cancer. Plus la durée est longue, plus le risque augmente de développer un cancer.

Risques modifiables (ou externes)  et cancer

Les travaux de recherche ont démontré des liens entre les facteurs de risque modifiables ou externes et la survenue d’un cancer, tant au niveau de la survenue d’un premier cancer que des récidives de cancer ou de la mortalité par cancer. Les experts internationaux estiment que 4 cancers sur 10 pourraient être évités en modifiant nos modes de vie et en agissant sur les facteurs de risque modifiables tels que la consommation de tabac, d’alcool, ainsi que sur la sédentarité et l’obésité ou l’exposition.

Même un mode de vie conforme à toutes les recommandations de santé ne garantit pas d’être totalement préservé d’un cancer : le « risque zéro » n’existe pas. En effet, des causes multiples sont à l’origine du cancer, le plus souvent. Plusieurs causes peuvent se cumuler et potentialiser le risque de survenue d’un cancer, chaque cause étant responsable de la perturbation de l’activité cellulaire à des niveaux différents.

Nous pouvons toutefois réduire notre risque individuel d’être atteint de certains cancers (poumon, col de l’utérus, peau) en prenant des décisions reconnues pour leurs bienfaits sur leur prévention:

  • ne pas fumer ou arrêter et ne pas exposer nos enfants au tabac,
  • limiter notre consommation d’alcool,
  • manger équilibré et surveiller son poids,
  • pratiquer une activité physique régulière,
  • se protéger du soleil et des rayons ultraviolets,
  • se faire vacciner contre les virus à risque cancéreux lorsqu’il existe un vaccin adapté.

Cependant, pour certains cancers (ex: sein), la modification des comportements de santé n’a pas d’effet connu sur leur survenue. Le dépistage précoce reste alors le moyen le plus efficace.

Disparités face aux facteurs de risque

Le statut économique, le niveau d’éducation et le niveau professionnel influencent fortement les modes de vie induisant une inégalité face au risque de développer un cancer. Une disparité des risques d’avoir un cancer selon le genre est aussi démontrée. Ces constats doivent être intégrés dans la lutte contre le cancer afin de cibler les actions de promotion de la santé vers les populations les plus à risque pour mieux les soutenir dans le maintien de leur capital santé malgré des conditions de vie parfois plus précaires. Des difficultés de compréhension linguistique des campagnes de promotion de la santé peuvent aussi s’ajouter et induire des inégalités de chance en matière de prévention du cancer.

Promotion de la santé

La promotion de la santé est donc un élément essentiel de la lutte contre le cancer, puisqu’elle a pour objectif de développer des comportements sains permettant de conserver un capital santé tout au cours de la vie. Elle n’est pas spécifique à la lutte contre le cancer, puisque les comportements sains agissent aussi entre autres sur les maladies cardio et cérébro vasculaires, sur le diabète, ainsi que sur les autres pathologies liées à l’obésité.

Actions individuelles et collectives

L’adoption de comportements sains pour préserver sa santé relève à la fois des individus mais aussi des autorités publiques. Les individus nécessitent parfois d’être accompagnés dans cette démarche, l’acquisition de nouveaux modes de vie étant parfois complexe et nécessitant une éducation individuelle à la santé. L’autorité publique a pour mission d’informer et d’éduquer les populations, d’offrir des environnements favorables à l’exercice de comportements sains ( pistes cyclables, nutrition équilibrée dans les cantines scolaires, …) et de mener des actions ciblées vers les populations présentant des facteurs de risque de cancer élevés. Elle a aussi la responsabilité de multiplier les opportunités de détection individuelle des facteurs de risque de cancer.

Investissement à long terme

Investir dans la promotion de la santé maintenant impactera le nombre de nouveaux cas de cancer dans 20 à 30 ans. Bien que les retombées ne soient visibles qu’à moyen et long terme, la promotion de la santé ne doit pas être négligée et doit être considérée par tous les acteurs comme un élément clé de la lutte contre le cancer.

La responsabilité au plus haut niveau de l’autorité publique envers les jeunes générations actuelles est d’intégrer la promotion de la santé et la lutte contre ces facteurs de risque au sein de l’ensemble des politiques publiques. Le Luxembourg a initié, depuis 8 ans, une intégration de plusieurs ministères autour d’un programme de promotion de la santé «  Gesond Iessen, Mei Bewegen (alimentation saine et activité physique) » à destination de la population et plus particulièrement des jeunes.  Cette initiative a été enrichie par des campagnes complémentaires relatives à l’alimentation du bébé, ainsi que des personnes âgées. Des partenariats avec les communes pour l’organisation de grandes manifestations autour de l’activité physique permettent d’intégrer les programmes de promotion de la santé dans la vie de la cité.