Détection du Cancer colorectal

Signes cliniques et biologiques évocateurs d’un cancer colorectal

Certains signes cliniques et biologiques sont évocateurs d’un cancer colorectal. Il est important de les signaler au médecin de confiance, surtout s’ils sont apparus récemment:

  • sang dans les selles appelé aussi rectorragie,
  • anémie sans cause évidente (diminution des globules rouges dans le sang),
  • alternance de diarrhées et de constipation,
  • douleur abdominale de type colique avec une fausse envie pressante et impérieuse d’aller à la selle appelée épreinte,
  • tension douloureuse dans la région de l’anus et de la vessie avec envie constante d’aller à la selle ou d’uriner appelée ténesme,
  • altération de l’état général avec amaigrissement,
  • masse à la palpation abdominale ou au toucher rectal,
  • occlusion intestinale.

Méthodes de détection d’un cancer colorectal

Il existe plusieurs méthodes de détection du cancer colorectal:

  • La recherche de sang dans les selles avec un test immunochimique à réaliser au domicile, en prélevant un peu de selles dans un tube puis en l’envoyant dans un laboratoire qui fera l’analyse. Cette méthode aussi appelée « FIT » (Faecal Immunochemical Test) est 100 % spécifique à l’hémoglobine humaine. Ses résultats ne dépendent pas de l’alimentation de la personne avant de faire le test. Il est nécessaire de faire juste un seul prélèvement. Son analyse est automatisée. Son résultat est précis. Il détecte environ entre 75 % et 90 % de cancers colorectals selon le seuil de détection d’hémoglobine que l’on fixe (150 ng/ml ou 50 ng/ml). Plus le seuil est bas, plus on détecte de cancers colorectals. Il détecte 30 à 40 % des adénomes avancés (polypes avancés).
  • La coloscopie, examen endoscopique à réaliser dans un établissement hospitalier, qui consiste à introduire par l’anus un coloscope pour regarder la paroi du côlon et de l’anus à la recherche de polypes ou d’un cancer. Il est possible de retirer certains types de polypes directement lors de la coloscopie et de faire une biopsie (prise d’un échantillon de tissu) si un cancer du côlon ou du rectum est détecté. Cette méthode détecte 95 à 100% de cancers et au moins 90 % des adénomes avancés (polypes avancés). La coloscopie peut se faire avec ou sans prémédication. Cet examen dure 20 minutes environ. Il faut préparer le côlon avant la coloscopie afin que la paroi du côlon soit débarrassée de toute matière fécale pour bien détecter les polypes ou les cancers. Pour mieux voir la paroi de l’intestin, le médecin  insuffle du CO2. Cela permet de dilater le côlon.
  • La coloscopie virtuelle est une simulation d’une coloscopie par un scanner. cet examen nécessite la même préparation qu’une coloscopie. Le médecin insuffle aussi du CO2 pour dilater l’intestin afin de mieux détecter les polypes et cancers du côlon. C’est une technique intéressante si la coloscopie conventionnelle ne peut pas être réalisée. En cas de découverte d’un polype ou d’un cancer, il faut que le patient fasse une coloscopie conventionnelle et donc revienne. Cet examen engendre une exposition aux rayons ionisants.Il permet de détecter 95 à 100 % des cancers et 90 % de polypes > à 10 mm.
  • Les marqueurs dans les selles: il s’agit de rechercher dans les selles de l’ADN altéré. Ce test coûte très cher. Cette méthode est employée aux Etats Unis. Il se fait sur des selles entières. Il permet de détecter environ 90 % des cancers et 40 % des polypes avancés. Cette méthode n’est pas remboursée par la Caisse Nationale de Santé.
  • Les marqueurs dans le sang: De nouveaux tests faits sur le sang à la recherche de Septin 9 ou de Polyp Specific Polymerase (PSP)  ou de M2-pyruvate-kinase sont en train de se développer ou déjà sur le marché. Ils ne sont pas remboursés par la Caisse Nationale de Santé car ces tests ne sont pas encore validés par plusieurs études scientifiques. Il n’y a encore que très peu d’études publiées sur ces nouveaux tests.